Chez les DANGER, la sécurité, c'est une affaire de famille !


Les pompiers du Commandant Louis DANGER

La Courneuve - 1921

En 1830, Louis Philippe accède au trône et Étienne DANGER devient pompier

1815 - 1895 : DANGER Étienne, constructeur et vendeur de voitures à Gonesse. Lieutenant de pompiers.

En 1858, Orsini tente d'assassiner Napoléon III et Alphonse DANGER devient pompier

1845 - 1899 : DANGER Alphonse : constructeur et vendeur de voitures à La Courneuve. Commandant de pompiers.

En 1884, la liberté syndicale est proclamée et Louis DANGER devient pompier.

1868 - 1951 : DANGER Louis : constructeur et vendeur de voitures à La Courneuve. Commandant de pompiers.

En 1914, c'est le début de la grande guerre et Emile DANGER devient pompier.

1898 - 1993 : DANGER Emile : constructeur et vendeur de voitures à La Courneuve - Capitaine de pompiers

En 1919 la journée de travail de 8 heures est votée et André DANGER devient pompier.

1903 - 1985 : DANGER André : constructeur et vendeur de voitures à La Courneuve - Lieutenant de pompiers.

En 1965 c'est l'ouverture du tunnel du Mont Blanc entre la France et l'Italie et Bernard DANGER devient pompier de PARIS.

1947 - aujourd'hui : DANGER Bernard : ingénieur sécurité - ancien pompier.

En 1973 c'est la naissance du mannequin Eva HERZIGOVA et François DANGER devient pompier de PARIS.

19xx - aujourd'hui : DANGER François : consultant et juriste en risques professionnels - ancien pompier.


En 1880, les choses étaient simples

Émile Danger nous raconte que dès qu’un sinistre éclatait, quelques coups de sifflets, un appel de clairon et réunis en un instant comme par miracle, les hommes étaient déjà attelés à la pompe qu’ils tiraient de toute la vitesse possible de leurs jambes. Sur les pavés cahotants ou les chemins défoncés. Ils arrivaient essoufflés… heureux quand il y avait de l’eau sinon il fallait établir des batardeaux dans lesquels puisaient les seaux de toile. Parmi la population, les plus dévoués se passaient les seaux de mains en mains ». Tâche difficile car « pendant des heures, les pompiers se relayaient aux balanciers de la pompe et rentraient fourbus mais fiers et contents ».

Le matériel était rangé en face de l’église de Saint-Lucien dans une remise qui fut détruite en même temps que la mairie. « Pour les sapeurs c’était presque un temple. On y rentrait avec respect, c’est là qu’on se réunissait à chaque occasion ». Le grand rassemblement annuel se faisait le jour de la Sainte-Barbe. « Cela n’était pas rien. Un mois à l’avance on s’y préparait. Pensez donc, banquet, bal de nuit à organiser, plus de trois cents invitations à lancer ». Le matériel consistait essentiellement en deux pompes : « La grosse » mais surtout « La préférée » la pompe aspirante et refoulante. Celle-là on la sortait pour la montrer et l’emmener dans des concours où rivalisaient différents corps de sapeurs. Avant le concours, « pendant deux jours, tout travail cessant, on la lavait, on l’astiquait, on lui mettait son manteau de voyage, pour aller l’embarquer au chemin de fer ». Entre 1896 et 1939, les pompiers Courneuviens ont participé à 25 concours et à 16 démonstrations dans des villes comme Tulles, Grenoble, Spa (Belgique) Pont-Audemer et Chartres. Les Courneuviens ont ramené 16 fois le prix d’excellence et 7 fois le prix d’honneur.

En 1910, le matériel se modernise.

Les Danger qui étaient charrons et Compagnons du Tour de France rue Edgar-Quinet construisirent deux avant-trains attelés pour remorquer les deux pompes à bras. Un cultivateur, Monsieur Thierry, également pompier prêtait ses deux chevaux. « Les interventions étaient plus rapides et les sapeurs étaient plus dispos pour attaquer les calamités ». La mission des pompiers (fixée en décembre 1789) était aussi vaste qu’imprécise. Il s’agissait « de prévenir par des secours nécessaires les fléaux calamiteux ». Avec la guerre de 14-18, la tâche des soldats du feu va se trouver accrue, d’autant qu’ils disposent de moins d’effectifs, certains sapeurs étant mobilisés. Le 15 mars 1918, ils assurèrent les premiers secours, lorsqu’explosa la poudrière de la Courneuve. « Le lieutenant Louis Danger ramassant son casque à moitié écrasé par la chute d’une porte s’élança à travers la ville en ruines… il y eut 133 morts et un nombre incalculable de blessés ».

En 1921 un progrès technologique arrive chez les pompiers.

« La ville de la Courneuve forma le projet hardi pour l’époque de doter le corps des sapeurs-pompiers d’un fourgon pompe automobile Delahaye type 59… Le téléphone avait été installé chez Louis DANGER ». Comme le temps passé à combattre les sinistres n’était aucunement rémunéré, Emile Danger nous apprend que Louis DANGER avait obtenu que « les employeurs ne déduisaient pas de leur salaire les heures prises pour ce motif, sur leur travail, par les ouvriers sapeurs-pompiers ». La ville de son côté porta à 300 F par an la pension qui était allouée après 30 années de service et 60 ans d’âge.

Un nouveau progrès arrive en 1936.

Le corps de la Courneuve reçoit un nouveau camion. Un poste de permanent est créé. « Un des anciens, un des meilleurs de la subdivision fut nommé à cet emploi de confiance ».

À lire le détail des principales interventions des sapeurs, on s’aperçoit qu’elles étaient des plus variées. Incendies dans les usines : fabrique de chaussures (1883), à l’épicerie Hermier (1891), chez Boudier cultivateur (1899), mais également à l’extérieur de la Courneuve, au théâtre de Saint-Denis (1885), aux Moulins de Pantin (1890) et aux abattoirs de la Villette (1898). Les pompiers sortent pour des « sauvetages de chevaux », d’innombrables feux de cheminée et de caves.